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Calculer ce qu'une automatisation vous rapporte vraiment

Découvrez la méthode pour calculer le ROI réel d'un projet d'automatisation IA et les trois pièges qui faussent la rentabilité.

« Vous allez gagner vingt heures par semaine. » Cette phrase, telle quelle, ne veut rien dire. Elle ne devient un argument que si l'on précise à qui appartiennent ces heures et ce qu'elles vont devenir.

Une heure gagnée n'est pas une heure économisée

Si vous libérez cinq heures par semaine à un salarié dont la charge reste identique par ailleurs, vous n'avez rien économisé sur votre masse salariale. Vous avez transformé cinq heures de saisie en cinq heures d'autre chose. La question devient : cette autre chose rapporte-t-elle plus que la saisie ?

  • Si l'heure libérée est réaffectée à du commercial ou de la production facturable, le gain est direct et mesurable.
  • Si elle absorbe une croissance qui aurait sinon exigé un recrutement, le gain est réel mais différé.
  • Si elle se dilue dans le quotidien sans réaffectation claire, le gain est nul — même si l'automatisation fonctionne parfaitement.

La formule de base

Gain annuel = heures gagnées par semaine × 45 semaines × coût horaire chargé de la personne concernée. Le coût chargé, pas le salaire brut : comptez environ 1,45 fois le brut pour un salarié en France, et votre taux journalier réel si c'est vous.

Rapportez ensuite ce gain annuel au coût du projet, plus le coût de fonctionnement annuel — hébergement, consommation des modèles d'IA, maintenance. Un projet sérieux s'amortit généralement entre six et dix-huit mois. Au-delà de deux ans, méfiez-vous des hypothèses de départ.

Piège n° 1 : le temps estimé au lieu du temps mesuré

Demandez à quelqu'un combien de temps lui prend sa facturation mensuelle : il répondra « deux heures ». Mesurez : c'est souvent quatre, en comptant les interruptions, les corrections et les allers-retours. L'estimation à la louche sous-évalue systématiquement, ce qui pénalise le projet.

Piège n° 2 : oublier le coût de fonctionnement

Une automatisation n'est jamais gratuite à l'usage. Hébergement, appels aux modèles d'IA, temps de supervision humaine, corrections quand une règle change : comptez ces lignes dès le départ. Elles sont généralement modestes, mais un calcul qui les ignore n'est pas un calcul.

Un projet dont on ne connaît pas le coût de fonctionnement n'est pas rentable : il est simplement mal mesuré.

Piège n° 3 : compter les gains qualitatifs comme des euros

« Moins d'erreurs », « meilleure image », « équipe plus sereine » : ces effets sont réels et comptent dans la décision. Mais ils ne doivent pas entrer dans le calcul financier, sinon n'importe quel projet devient rentable sur le papier. Gardez-les à part, comme des arguments qui font pencher la balance à égalité de chiffres.

Mesurer avant, pas seulement après

Le point le plus souvent négligé : sans mesure avant automatisation, aucune comparaison n'est possible ensuite. Une semaine de relevé du temps passé, avant de commencer, suffit à transformer une conviction en résultat démontrable. C'est aussi ce qui vous permet de dire non à la suite du projet en connaissance de cause.

Rédigé par Zakaria Barji

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